257 ONG passent à la trappe

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Par Jean Élie Paul, Le National, Haïti, le 3 septembre 2017 

Le ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Aviol Fleurant, a pris la décision le vendredi 1er septembre 2017 de suspendre les activités d’environ 257 organisations non gouvernementales (ONG) opérant sur le territoire national, pour raison de non-publication, depuis 10 ans, de rapports de fonctionnement, comme l’exige pourtant la loi haïtienne régissant le secteur. 

Devant une cohorte de journalistes, le titulaire du MPCE, Me Aviol Fleurant, dont le nom est cité sur les réseaux sociaux dans l’affaire kits scolaires, a fait état d’un ensemble d’organisations non gouvernementales qui refuseraient de se plier aux injonctions légales en ce qui a trait à leur devoir de publier un rapport annuel sur leur fonctionnement dans le pays. 

Les ONG ciblées par le ministre Fleurant, auraient passé environ dix ans à fonctionner sans produire le moindre rapport aux autorités haïtiennes. Face à cette situation, le gouvernement de Jack Guy Lafontant, en vertu du décret du 14 septembre 1989, révoque l’autorisation de fonctionnement de 257 organisations non gouvernementales. 

D’après Me Fleurant, un communiqué mentionnant leur nom sera publié dans les médias et dans le journal officiel Le Moniteur. « Nous ne faisons pas la chasse aux ONG », tente de rassurer le titulaire du MPCE. Toutefois, il indique que l’administration Moïse/Lafontant entend redéfinir un partenariat avec ces ONG et les agences internationales de développement. 

Il a promis aussi la publication d’un répertoire national des ONG. Ce document sera un instrument de vulgarisation de la mission et des activités de ces organismes. « Cela permettra une coordination utile et efficace des activités de ces ONG », souligne-t-il. 

L’administration Moïse/Lafontant souhaite une meilleure articulation des programmes des ONG et des agences internationales avec les priorités et les besoins du peuple haïtien. Il soutient que le chef de l’État Jovenel Moïse juge indispensable de sortir le pays de la logique de l’assistanat afin de l’engager sur la voie de la croissance économique et du développement durable. 

Le déferlement des ONG après le séisme du 12 janvier 2010 était le signe d’une absence criante de l’État en Haïti, de son incapacité de répondre à sa mission régalienne. Désormais, souligne le ministre Fleurant, « l’aide publique au développement doit passer par les canaux gouvernementaux, dans le cas contraire le gouvernement la refusera ». Soulignons que, selon le ministre Aviol Fleurant, seulement 370 ONG se plient aux exigences du gouvernement haïtien, en fournissant régulièrement des rapports sur leurs activités et leur fonctionnement dans le pays.