Haïti-Zones franches : Extraversion économique et sous-développement

Haïti-Zones franches : Extraversion économique et sous-développement

Par Alain Saint-Victor, AlterPresse, le 21 mars 2012, première partie de deux (deuxième partie à venir)

Des questions importantes, comme la signification des zones franches, sont abordées dans l’ouvrage de Fred Doura intitulé Haïti, Histoire et analyse d’une extraversion dépendante organisée.

Le livre de Fred Doura nous fait découvrir comment cette domination s’est opérée, comment graduellement, parfois de façon tout à fait violente (expulsion des paysans de leur terre, etc.), le capitalisme étasunien s’est imposé pour transformer l’économie locale selon ses propres objectifs et besoins...

Des modèles d’enclaves de la plantation agro-exportatrice (sisal, cryptostégia, figues-bananes), des enclaves (minière et de la sous-traitance) qui ont induit l’extraversion organisée de [l’économie haïtienne]...

Ne s’agit-il pas, avant tout, de construire un État national, affranchi de toute domination étrangère quant à l’orientation politique et économique à donner au pays, avant même de penser à l’élaboration d’une économie sociale de marché, une économie nationale autocentrée, une économie qui pourrait intégrer des investissements étrangers dans le cadre d’un programme de développement réel au profit de l’ensemble de la population.

Le 28 novembre 2011, au cours du lancement officiel du Parc industriel de Caracol (Nord-Est d’Haïti), le président Joseph Michel Martelly fit une déclaration, laissant voir clairement sa conception du développement du pays : « Voici un modèle d’investissement, dit-il, qui doit être réalisé dans d’autres départements. Ceci peut contribuer au changement du pays. C’est un modèle de développement durable, réel... ». [2]

Pour sa part, l’ancien président américain William Jefferson (Bill) Clinton, l’éminence grise derrière ce projet et qui semble aussi concevoir le développement national en multipliant les zones franches, eut à dire que c’est « le premier gouvernement haïtien » - connu de lui - qui se préoccupe sérieusement de l’économie du pays.

Voilà donc un projet-modèle qui rentre dans un cadre d’un programme économique à long terme.

Pourtant, la question de la présence de compagnies étrangères en Haïti, de leur « contribution » au développement national n’est pas nouvelle.

Le récent ouvrage de l’économiste Fred Doura démontre clairement que les multiples compagnies étrangères - qui se sont implantées dans le pays depuis le début du XXe siècle, sous l’occupation américaine (1915-1934) et après - n’ont nullement contribué à développer l’économie. Leur présence répondait à une tout autre logique : celle de tirer le maximum de profits dans un pays où les ressources naturelles et la main-d’oeuvre à bon marché sont disponibles sans aucune véritable contrainte légale ou juridique.

Une économie désarticulée

Pour comprendre pourquoi l’investissement étranger-- qui existe dans tous les pays et qui n’est pas une activité négative en soi -- n’a jamais constitué un facteur de développement en Haïti, Doura procède, tout au début de l’ouvrage, à une analyse des caractéristiques historiques de l’économie « nationale » haïtienne.

C’est une économie qui, au lendemain même de l’indépendance, fonctionne et produit des denrées agricoles « en fonction des besoins du centre [c’est-à-dire, des puissances occidentales] ».

À l’origine, une économie donc dépendante, qui ne se reproduit que pour satisfaire une demande externe, par conséquent une économie inscrite dans une logique contraire et négative à son propre développement.

Cette dépendance s’accentue à partir du début du XXe siècle : le pays ne produit pas seulement des denrées pour l’exportation, mais il reçoit également des compagnies nord-américaines d’exploitation agricole et minière.

Comme le montre l’auteur, l’installation de ces compagnies a eu, non seulement un impact négatif sur le développement du pays, mais a empiré la situation de dépendance. Car, ces compagnies en s’installant dans le pays, n’intègrent pas véritablement l’économie locale, c’est-à-dire qu’elles ne reçoivent ni ne produisent des biens venant des industries nationales ou destinés au marché local.

Par le fait même que ces entreprises s’approprient et exploitent une partie importante des richesses minières ou agricoles du pays, sans que ces activités aient des liens organiques avec le reste de l’économie locale, ces dernières restent confinées dans le cadre d’une économie d’enclave, c’est-à-dire « une économie...caractérisée par un modèle économique totalement extraverti, dont le cycle de reproduction a très peu de lien avec l’économie nationale. L’enclave orientée vers l’exportation [...] est intégrée au marché du pays-foyer ou du marché mondial capitaliste, où la production, la fabrication et la consommation du produit final sont faites au bénéfice des firmes transnationales du pays-foyer, échappant ainsi au contrôle du pays dans lequel est située l’enclave ».

L’économie locale devient ainsi une économie désarticulée, c’est-à-dire qu’elle est constituée de « secteurs (minier, agricole, industriel) juxtaposés, qui n’échangent que marginalement entre eux. Ces secteurs sont liés principalement avec l’extérieur ».

Cette désarticulation, comme l’avait déjà vu l’économiste égyptien Samir Amin (dont Doura reprend ici l’essentiel des analyses), empêche toute forme réelle d’un développement économique autocentré, de sorte qu’on ne peut pas « véritablement [parler] de nation, au sens économique du terme, de marché intégré ». [3]

Même si les régions, dans lesquelles sont implantées les compagnies, connaissent une croissance spectaculaire, celle-ci ne peut pas avoir d’effet multiplicateur pour le reste de l’économie locale, parce que, comme l’explique Amin « autour de cette production, aucun ensemble intégré autocentré n’est mis en place, dès que le produit [ici l’auteur fait référence aux richesses minières et agricoles] perd l’intérêt qu’il avait pour [les pays du centre], la région tombe dans la décadence : son économie stagne, voire régresse ». [4]

Dans le contexte de l’économie désarticulée, on ne peut pas, non plus, analyser la structure salariale comme s’il s’agissait d’un élément constitutif d’une économie autocentrée et développée.

Pour l’économie classique libérale et néolibérale, « une hausse de la productivité, du travailleur haïtien, devrait induire, plus ou moins dans les mêmes proportions, une croissance de son salaire réel », explique Doura,

Or, il n’en est rien, car on sait que, dans l’enclave de la sous-traitance, la productivité des ouvriers haïtiens « peut représenter pas moins de 80 à 90% de la productivité des ouvriers américains et dans certains cas, elle peut même atteindre plus de 120% (c’est nous qui soulignons) [de celle des ouvriers nord-américains] ». Il n’empêche que l’ouvrier haïtien reçoit « un salaire qui est inférieur de 6% du salaire de [l’] ouvrier américain ».

Cette dissymétrie colossale des salaires ne concerne pas seulement les pays à très faible revenu comme Haïti : c’est une réalité caractéristique de tout pays dominé, dans lequel se sont développés des liens de dépendance historiques qui délimitent les économies locales à un rôle de pourvoyeuse, soit de matières premières, soit de force de travail à bon marché.

Une réalité qui, dans les faits, constitue un blocage structurel, non seulement à tout développement réel, mais aussi à tout mouvement de revendication pour augmenter les salaires dans les pays périphériques, et cela malgré les luttes incessantes, dans des conditions difficiles, que mènent les syndicalistes, bien souvent au péril de leur vie.

Jusqu’à aujourd’hui, « les salaires réels dans le tiers-monde représentent entre 20 et 50 fois moins que ceux payés aux États-Unis d’Amérique, en Europe occidentale et au Japon ». [5]

L’économie désarticulée des pays de la périphérie n’est pas, par conséquent, le résultat d’une carence de ressources naturelles et humaines, d’un sous-développement sui generis, d’un « retard » historique ; mais ce sont les conditions historiques mêmes de son développement, son intégration dans un système mondial - généré et défini par les pays du centre capitaliste - qui expliquent son caractère d’économie désarticulée.

Dans le cas d’Haïti, dès 1804 et particulièrement depuis l’acceptation de la dette de l’indépendance en 1825, l’essentiel de l’activité économique est confinée dans l’exportation des denrées agricoles, exportation qui servait après 1825, non seulement à rembourser « la dette » [6], mais aussi à satisfaire les demandes de l’ancienne métropole. Et cela, il faut bien le préciser, sans aucune retombée positive réelle, non seulement pour développer une industrie locale, mais également pour améliorer les conditions de vie du paysan, principal artisan sur le dos duquel repose toute la production agricole.

À partir de 1915, sous l’occupation américaine, l’économie haïtienne fut réorientée et restructurée en fonction des intérêts des États-Unis d’Amérique.

Depuis cette époque, l’histoire politique et économique de notre pays est marquée, sous une forme ou une autre, par le lien d’un pays soumis et dominé, entretenu avec la puissance nord-américaine.

L’importance du livre de Fred Doura tient du fait qu’il nous fait découvrir, justement sur le plan économique, comment cette domination s’est opérée, comment graduellement parfois de façon tout à fait violente (expulsion des paysans de leur terre, etc.) le capitalisme étasunien s’est imposé pour transformer l’économie locale selon ses propres objectifs et besoins.

1915-1934, une économie au service des intérêts américains

De 1915 à 1934, « sous le joug des baïonnettes américaines (...) avec l’appui d’une double oligarchie créole racialiste, les capitaux étrangers se sont orientés principalement vers les modèles d’enclaves de la plantation agro-exportatrice (sisal, cryptostégia, figues-bananes), des enclaves (minière et de la sous-traitance) qui ont induit l’extraversion organisée de [l’économie haïtienne] » , explique Doura.

Durant cette période, on assiste à une mise en place d’une structure militaire, juridique et politique, dont l’objectif est d’assurer, certes, le contrôle du territoire en réprimant tous mouvements de révoltes, mais aussi de briser toutes barrières légales interdisant la mainmise étrangère sur l’économie locale.

C’est ainsi qu’une série de lois et conventions, conçues par l’occupant en complicité avec le gouvernement haïtien, sont appliquées :

a) « la convention du 16 septembre 1915, signée entre la République d’Haïti et les États-Unis, [autorisant] ces derniers de s’emparer des douanes, principales sources de revenus du pays » ;

b) « l’imposition de la Constitution de 1918, qui accorda pour la première fois (...) le droit de propriété aux étrangers résidant en Haïti et aux associations formées par des étrangers » ;

c) « la convention monétaire du 12 avril 1919, qui lia le sort de la monnaie nationale au dollar américain » ;

d) la loi du 26 juin 1922, conditionnant un emprunt de 23,66 millions, cette « loi permettait aussi l’expropriation des petites propriétés au profit des grandes compagnies américaines ».

Grâce à cette structure militaro-juridique, plusieurs compagnies nord-américaines bénéficient de concessions de grandes surfaces de terre. Citons quelques unes : la Haitian American Sugar Company (Hasco) qui prend possession, en 1915, de 24,000 acres (1 carreau = 3,19 acres) dans la plaine du Cul-de Sac et de Léogane ; la Haitian American Development Co. occupe 24,000 acres en 1926 dans le Nord-Est du pays pour la culture du sisal, la United West Indies Corporation dispose de 16,000 acres, etc. En tout, ces compagnies font main basse sur 226,000 acres de terre, explique l’auteur.

« Cette politique d’investissements directs étrangers, dans les grandes plantations, ne fut point rentable pour le pays. Elle s’est traduite par de nombreuses faillites et par une diminution rapide de ces investissements, après que les soldats eurent quitté le sol national en 1934. Ce fut aussi le moment des expropriations massives des petits paysans au profit du capital étranger investi dans les enclaves », précise-t-il.

Ces expropriations provoquèrent l’une des plus importantes migrations de paysans haïtiens de l’histoire nationale.

Plusieurs études ont été faites à ce sujet, et il n’est pas de notre propos ici d’y revenir.

Signalons toutefois que cette migration de masse de travailleurs haïtiens se fera au profit surtout des industries sucrières américaines, installées à Cuba et en République Dominicaine.

Comme l’indique le sociologue Jean-Claude Icart, les Américains « [jetèrent] les bases d’une importante industrie sucrière en République Dominicaine et à Cuba. L’abondante force de travail, nécessaire à cette entreprise, sera recrutée dans les îles voisines, et notamment en Haïti (...) [et] entre 1913 et 1931, plus de 400,000 travailleurs haïtiens iront à Cuba » [7].

L’objectif économique essentiel de l’occupation fut de mettre à disposition du capitalisme américain, alors en pleine expansion, tout ce que l’économie du pays pouvait produire de richesses : sa terre et ses ressources, ses finances et sa force de travail.

Que cette occupation ait jeté les bases d’une certaine modernité - en construisant des routes, des hôpitaux, des écoles professionnelles -, qu’elle améliorât l’hygiène publique et régularisât les finances du pays, tout cela était inscrit à l’intérieur même du cadre de sa gestion.

Dans les faits, « on ne peut trop insister sur le caractère superficiel et utilitaire de cette modernisation, puisque les changements produits sous l’occupation laissèrent intacte la structure fondamentale du pays », comme le remarque l’historienne Suzy Castor [8].

Vers une nouvelle forme de domination néocoloniale

Tout au long du XIXe siècle, l’économie haïtienne fut orientée vers la production et l’exportation des denrées agricoles.

L’emprise des dettes, les guerres incessantes entre les classes dirigeantes pour le pouvoir et l’absence de toute politique réelle de croissance et d’investissement, bloquèrent les possibilités de progrès économique.

Une bonne partie de la classe paysanne, formant plus de 80% de la population, produisait au profit d’une bourgeoisie de grands propriétaires terriens qui, plus intéressés aux prestiges du pouvoir politique, n’accordaient aucune importance à l’amélioration des conditions de la production agricole paysanne.

L’exportation servait, non seulement à financer le payement des dettes, mais aussi à satisfaire le style de vie d’une classe de riches entichés de valeurs et de goûts européens.

Le système néocolonial - qui s’est mis en place sous Boyer et qui s’est consolidé durant tout le XIXe siècle -- avait, précisément pour base, cette réalité sociale et économique : une production agricole extraite et gérée par la bourgeoisie locale pour satisfaire les demandes et les exigences de puissances étrangères, particulièrement la France, et cela sans aucune politique ni programme d’investissements. En ce sens, ce système néocolonial fut essentiellement économique, c’est-à-dire qu’il visait à exploiter, au profit de l’ancienne métropole, principalement par le mécanisme de l’endettement, les richesses du pays, tout en laissant, à l’oligarchie locale, l’organisation et le contrôle du pouvoir politique et militaire.

Sous l’occupation américaine, prendra forme l’établissement d’une nouvelle domination.

Avant son départ du pays, l’occupant mit en place un appareil d’État, un système juridico-militaire destiné à garantir ses intérêts. La domination économique, mais aussi politique, pouvait ainsi continuer même après l’occupation.

C’était le début de l’ère impérialiste américain.

En 1930, Sténio Vincent fut porté au pouvoir par un mouvement nationaliste petit-bourgeois, qui revendiquait le retrait des troupes américaines.

Suite à la désoccupation du pays en 1934, ce mouvement - qui dénonçait les exactions de l’occupant, ses expropriations des terres paysannes et son racisme humiliant - reconduit le même système économique d’exclusion et d’exploitation des masses.

Paradoxalement, « avec l’arrivée des Nationalistes au pouvoir, commence le [processus] de décomposition du nationalisme », comme le fit remarquer Jacques Roumain [9].

De 1935 à 1955, d’autres concessions et contrats furent signés par différents gouvernements haïtiens, avec de nouvelles compagnies américaines ou avec celles qui étaient déjà sur place.

La société haïtiano-américaine de développement agricole (Shada), par exemple, qui exploitait, depuis 1926, le sisal, se voit accorder - sous le gouvernement de Lescot, en 1942 - une superficie de 60 à 70,000 acres pour planter du cryptostegia, la plante à caoutchouc, pour répondre aux besoins de l’industrie militaire américaine.

Au profit de la Shada, « des milliers de paysans propriétaires et fermiers ont été expropriés de façon arbitraire », et les conséquences immédiates de ces expropriations furent la destruction de milliers d’arbres fruitiers « abattus pour faire place au sisal et à l’hévéa ».

Parallèlement à la Shada, la plantation Dauphin dispose d’environ 8,000 hectares de terre plantée en sisal.

Cette compagnie, spécialisée « dans la fabrication de cordes et de sacs de café (...), était le plus grand producteur de sisal en Haïti ».

Comme cela a été le cas des activités de la Shada, les conséquences d’une telle culture furent aussi catastrophiques pour la paysannerie haïtienne :

« Le revers de la médaille de cette production de sisal, c’est l’aggravation de la situation alimentaire des masses paysannes, qui n’avaient plus les moyens de cultiver leurs petits lopins de terre en produits vivriers, du fait qu’ils avaient été dépossédés brutalement par les grandes compagnies exploitant le sisal ».

Cette même logique d’expropriation des paysans, d’exploitation agricole, d’activités économiques non intégrées à l’ensemble de l’économie locale, constitua la toile de fond du capital américain dans le pays.

Qu’il s’agisse de la Shada, de la plantation Dauphin ou de la compagnie Mac Donald exploitant la figue banane au début du XXe siècle, ou plus tard la Standard Fruit, toutes ces compagnies - investissant dans la culture vivrière et non vivrière, bénéficiant de l’existence d’un État incapable et corrompu, de l’absence d’une bourgeoisie nationale, d’une classe moyenne constituée essentiellement d’affairistes - percevaient le pays comme l’endroit idéal pour maximiser leurs profits.

Mais les multinationales ne visèrent pas seulement le sol d’Haïti, elles s’intéressèrent également à son sous-sol.

Débutant dans les années 1920, l’exploitation minière prit une expansion importante dans les années cinquante (1950).

Deux grandes compagnies monopolisèrent l’activité minière haïtienne : la compagnie américaine Reynolds Metals Inc. et la canadienne Sedren S.A.

Exploitant les mines de bauxite, évaluées à 25 millions de tonnes en 1965, la Reynolds exporta, de 1959 à 1982, vers les États-Unis d’Amérique, 13,3 millions de tonnes de ce minerai, ce chiffre représentant 5% de la quantité totale de bauxite importée aux États-Unis d’Amérique et 17% de la production totale de la Reynolds.

La Sedren, quant à elle, bénéficiant en 1955 d’une concession d’une durée de 25 ans (la compagnie mettra fin à ses opérations en 1972) pour l’exploitation du cuivre, extrait « 1,5 millions de tonnes de minerai de cuivre contenant de l’or et de l’argent, qui furent exportés en totalité [vers les États-Unis et le Canada] ».

Les bénéfices, tirés par l’État haïtien de 1963 à 1969, période durant laquelle le régime duvaliérien fit main basse sur les finances de la République, n’étaient que 150,300 gourdes pour la bauxite et 71,500 gourdes pour le cuivre.

Comme ce fut le cas pour l’exploitation agricole, l’industrie extractive n’intégra pas l’économie locale. Ses activités, confinées dans la réalité de l’enclave, visèrent uniquement à profiter au maximum des ressources minières du pays.

«... Dans un pays à économie désarticulée et dépendante, comme celle d’Haïti [...], la production est exportée dans sa totalité, alimentant ainsi des industries localisées dans les pays capitalistes dominants, notamment les États-Unis et le Canada. Cette production de cuivre, à l’instar de la bauxite, dépendait entièrement des priorités politique, économique, militaire et commerciale des pays d’origine des firmes transnationales », comme l’explique l’auteur.

http://www.alterpresse.org/spip.php?article12588