Pause stratégique, jusqu’à septembre 2017, dans les mouvements revendicatifs des syndicats ouvriers

Par Alter Presse, Haïti, le 17 août, 2017 

Les syndicats ouvriers de la branche sous-traitance observent une pause stratégique, jusqu’à septembre 2017, dans leurs mouvements visant à réclamer 800.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 79.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui) comme salaire minimum journalier, indique à AlterPresse le porte-parole de la Platf?m sendikal izin tekstil-Batay ouvriye (Plasit-Bo), Télémaque Pierre. 

Cependant, les ouvrières et ouvriers resteront toujours mobilisés, même s’ils n’investissent pas les rues pour réclamer de meilleures conditions de travail, précise-t-il. 

« Le nouveau rapport (pour le nouvel exercice fiscal 2017-2018), du Conseil supérieur des salaires (Css), doit être publié dès le 1er octobre 2017. Nous allons nous mobiliser pour demander au gouvernement de fixer le salaire minimum à 800.00 gourdes dans le 5e rapport du Css ». 

Trois mois avant la fin de l’exercice fiscal, les membres du Conseil supérieur des salaires (Css) doivent se réunir en vue de fixer le salaire minimum, stipule la loi de 2009 sur le salaire minimum journalier en Haïti. 

Le dernier arrêté présidentiel, fixant le salaire minimum journalier à 350.00 gourdes, découlerait du rapport 2016-2017 du Css. 

La mobilisation sera reprise, d’ici le mois de septembre 2017, pour exiger la publication du 5e rapport du Css, annonce le coordonnateur général de la Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha), Dominique St Eloi, joint au téléphone par AlterPresse. 

Le 5e rapport du Css devrait fixer le salaire minimum journalier à 800.00 gourdes, prévoir le paiement de tous les arriérés de salaires ainsi que de réels accompagnements sociaux, pour les ouvrières et ouvriers. 

« Le président Jovenel Moïse a foulé aux pieds les droits des travailleuses et travailleurs, lorsqu’il a mis seulement 15.00 gourdes sur le montant de 335.00 gourdes, préalablement proposé, par le Css, le 7 juillet 2017. Lorsque nous nous étions mobilisés, en mai 2017, l’inflation était de 12 %. Aujourd’hui, l’inflation dépasse les 14%. De plus, les prix des produits de première nécessité ne cessent point de grimper », fait remarquer la Cnoha. 

Lors d’une conférence de presse, le mardi 1er août 2017, les syndicats ouvriers avaient mis en garde contre des manoeuvres du patronat et du gouvernement, qui viseraient à affaiblir leur mobilisation. 

La Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) avait condamné le comportement « anti-syndical du gouvernement haïtien et des patrons d’usines, qui prend pied dans le pays ». 

Les ouvrières et ouvriers de la sous-traitance avaient été empêchés de regagner les rues, tôt dans la matinée du lundi 31 juillet 2017, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), dans le cadre de la poursuite de leur mobilisation, suite à la décision, le 27 juillet 2017, de Jovenel Moïse d’ajouter seulement 15.00 gourdes au montant de salaire minimum de 335.00 gourdes.