Un commerçant abattu sur la frontière de Malpasse par un conseiller de Martelly
Un commerçant abattu sur la frontière de Malpasse par un conseiller de Martelly
Rédaction,Haiti Liberté,le 1er Mai 2012
Dans l’après-midi du vendredi 18 avril dernier, dans la juridiction de la Croix des Bouquets, l’assassin présumé du compatriote haïtien Octanol Derissaint, Calixte Valentin, a été appréhendé et coffré par la police et la justice haïtiennes.
Monsieur Derissaint, 32 ans, est un paysan, un petit commerçant qui tenait son négoce sur la frontière de Malpasse depuis cela quelques années. Il a été lâchement abattu de 3 balles par le criminel Calixte Valentin qui se réclame être le conseiller politique du président Sweet Micky Martelly, s’étant aussi autoproclamé aussi comme un inspecteur attitré, qui remet de l’ordre dans la douane haïtienne de Malpasse.
Selon ce qu’a communiqué le responsable du commissariat de la PNH de la Croix des Bouquets, les opérations d’arrestation du sicaire, ont été diligentées par le commissaire du gouvernement de la dite commune, Mario Bauvoir.
« Le crime s’est produit sur la frontière de Malpasse. Il était environ
5 heures quand un groupe d’hommes, portant lunettes noires, a surgi sur la frontière. Ils se réclament être les agents de sécurité de Calixte Valentin. On avait alors autorisé un chauffeur dominicain à traverser avec son camion. Cependant, les chauffeurs haïtiens ont été tout bonnement éconduits. Un d’entre eux a protesté en faisant savoir que son camion est vide, d’autant qu’il va rentrer chez lui. Comme la dispute continuait, alors est apparu Calixte. Il a menacé le chauffeur de lui brûler la cervelle d’une balle, s’il continuait à s’engueuler avec lui. Les autres chauffeurs, défendant leur collègue, ont pesté, disant : Si vous le touchez, nous mourrons tous avec lui. Il est un chauffeur comme nous. Le prétendu responsable a tiré 4 balles. Nous avons vidé les lieux, regagnant la ville de Fond Parisien. Valentin nous a poursuivis jusque dans la ville où il nous a trouvés au bord d’une rue. Ralentissant sa voiture, il a sorti son arme abattant Octanol de 3 balles...Honnêtement, je ne peux pas affirmer de manière catégorique que ce soit un acte de vengeance, puisqu’il n’y a eu aucune altercation entre la victime et son assassin », a expliqué un des chauffeurs, témoins de la scène du crime.
« J’étais en route pour aller approvisionner mon camion en carburant, quand j’ai entendu les détonations. Je me suis arrêté, rangeant mon véhicule au bord de la route. Tout à coup, j’ai entendu quelqu’un crier : Tanol est mort. Alors, je me suis empressé de me rendre sur les lieux, et j’ai vu mon frère étendu, baignant dans son sang sur le pavé. Hâtivement, nous l’avons transporté à l’hôpital, mais, il a succombé à ses blessures...Il est âgé de 32 ans et père de 2 enfants dont un bébé de 3 mois. Il est un marchand de produits alimentaires sur la frontière », a précisé en pleurant, un de ses frères.
« Dès lundi prochain, Valentin devra comparaître devant le juge d’instruction travaillant sur son dossier. Ce n’est pas moi, en tant que doyen qui dois travailler sur le dossier, comme beaucoup le pensent. D’ailleurs, les doyens n’ont aucune attribution de faire des instructions. Il y a des juges qui sont placés pour accomplir cette tache. Dès lundi, l’inculpé Valentin sera auditionné par un juge d’instruction. La police devra nous l’emmener à 10 heures...Vendredi après-midi, nous l’avions remis au commissariat de la Croix des Bouquets. Nous avons un grave problème dans ce commissariat qui n’est pas doté d’une cellule de garde à vue. Souvent, nous transférons nos détenus dans des sous commissariats comme celui de Bon Repos, de Calvaire, de Caseau et de Gantheir. Dans le cas de ce détenu (Valentin), il se pourrait bien qu’il soit transféré dans une autre juridiction. Donc, comme je vous le dis, le cabinet d’instruction doit l’entendre lundi. Selon l’issue de l’audition, il pourra être renvoyé chez lui ou gardé en détention, ça dépendra de la décision du juge qui entendra l’affaire », a déclaré le doyen du tribunal de première instance de la Croix des Bouquets, Jean Manice.