Manifestation contre la vie chère et la faim

Manifestation contre la vie chère et la faim 

 
Plusieurs organisations populaires issues des quartiers populeux de la capitale, regroupées au sein de « Tètkole òganizasyon Popilè yo » ont participé le jeudi 11 Avril 2013 à une manifestation contre la cherté de la vie, la faim et le chômage, avec le mot d’ordre « Ann leve kanpe kont grangou kaletèt sa a ». Démarrées dans le quartier populeux de Fort-National, au Nord de la capitale, des centaines de manifestants ont parcouru diverses rues pour dénoncer la mauvaise condition de vie des habitants des quartiers pauvres tels : Fort-National, Bel Air, Saint-Martin, Solino, La Saline, Cite Soleil, Martissant et autres. 
 
Tout au long du parcours, les manifestants ont dénoncé le gouvernement Martelly-Lamothe qui se sert de la propagande mensongère pour endormir la vigilance du peuple haïtien. Et, entre-temps, il utilise toute une série de projets fictifs pour dilapider les fonds de l’Etat. Ils ont apporté un démenti à la déclaration du président Michel Martelly faisant croire qu’il a déjà créé 400 mille emplois dans le pays. 
 
A ce sujet, un manifestant a émis cette réflexion : « Si le gouvernement a créé 400 mille emplois avec un salaire minimum de 300 gourdes par jour pour huit (8) heures de travail, cela veut dire qu’il y aurait 3 milliards 600 millions de gourdes en circulation dans l’économie haïtienne. Nous, les habitants des quartiers pauvres, ne les voyons pas. Nous disons que ces 400 mille emplois sont à l’oral. » Ce qui pousse les manifestants à écrire sur des murs du parcours de la manifestation : « 400,000 djob aloral ! Viv bon jan travay ! ABA Martelly ! ABA Grangou ! ABA Lavichè ! ABA Kòripsyon !» 
 
Personne n’ajoute foi à la déclaration du président. L’ex-ministre des Affaires sociales, l’économiste Gerald Germain, participant à une émission de radio a déclaré : « La population active en Haïti est actuellement estimée à 
4.2 millions d’habitants. Si le gouvernement a donné 400 mille emplois, le chômage diminuerait de 10%.Ce serait visible de constater l’effet de la diminution du chômage dans l’économie du pays. » De son côté, le ministre du Commerce et de l’Industrie également ministre de l’Economie et des Finances, Wilson Laleau ne peut donner aucune précision sur la création des 400 mille emplois annoncés par le président Martelly. 
 
Après avoir parcouru diverses rues des quartiers populeux jusqu’au local du ministère des Affaires sociales et du Travail, ils ont mis fin à ce mouvement de protestation contre le mensonge et la violation des droits fondamentaux du peuple haïtien. 
 
En effet, sur tout le parcours les manifestants ont lancé des propos hostiles à l’ égard du président Martelly et du Premier ministre Lamothe : « Vle pa vle fòk Martelly ak Lamothe ale, se manti sèlman y ap bay mas pèp la, se pòch yo, yo vin plen, se peyi a yo vin piye. Madanm li nan kòripsyon, pitit li nan koripsyon, yo tout nan kòripsyon, pandan mas pèp la ap mouri anba grangou nan peyi a, nou pa ka peye lekòl pitit nou, nou pa ka jwenn travay, yo pa vle nou fè komès nan lari a. N ap rele anmwey ! Sa a se twòkèt la chaj la dèyè. Lòt semèn nan n ap pase yon lòt vitès e lè sa a se rache manyòk, se dechoukay n ap mande nèt alkole. » 
 
Il faut quand même signaler qu’un incident s’est produit entre les manifestants et des agents de la Police Nationale d’Haïti à l’angle des rues Lamarre et Lalue, quand des policiers se sont emparés des manifestants pour saisir des bonbonnes de spray. Les manifestants, par prudence, se sont vite éparpillés et ils se sont regroupés pour réanimer leur mouvement et poursuivre leur parcours. 
 
De toute façon, les habitants des quartiers pauvres sont restés déterminés à lutter contre la dégradation des conditions de vie de la population. Des habitants de diverses régions du pays telles : Saint-Marc, Miragôane, Leogâne, victimes de Cholera-MINUSTAH et du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui vivent toujours sous des tentes ne cessent de manifester pour exiger le changement promis par le président Martelly, après deux ans au pouvoir. Tèt Kole òganizasyon popilè yo constate que la situation socio-économique du peuple haïtien s’aggrave depuis l’arrivée du gouvernement kaletèt de Martelly-Lamothe au pouvoir. 
 
Toutes les institutions sont constamment en crise, le processus de démocratisation est bloqué, les élections ne sont pas réalisées à temps, la corruption gagne du terrain, l’ancien régime est devenu plus agressif de jour en jour. Tous ceux-ci ont un impact négatif sur la vie de la population la plus pauvre du pays, ils doivent susciter le réveil de la conscience de tous les citoyens pour stopper ces dérives.